___Theodora___
14 Juillet 2009, une rue sombre de New York.
__Je n'en peux plus. Je n'y arrive plus. Cette fille aux yeux rouges, au visage baigné de larmes, aux cheveux ternes et rêches, à la silhouette si frêle que quand elle marche on a peur qu'elle se casse, non, cette fille ce n'est pas moi. J'ais trop pleuré, meurtris par les blessures de mon c½ur, ravagée par les tumultes de la passion qui me dévorait chaque jour un peu plus. Mais dans les sous-sols de l'Enfer, il y a toujours ce visage qui réapparait, qui flotte dans mes pensées,
ton visage. Alors je vais tout revivre, je vais replonger dans mes souvenirs, pour m'imprégner de tout, de
ton rire, de
ton sourire, de
ta voix,
une dernière fois. Et après j'effacerais tout, je panserais mon c½ur, l'enfermerais dans une cage, l'anesthésierais de toutes émotions, recoudrais ses plaies trop profondes et je referais ma vie,
sans toi.
*
14 Juillet 2006, 15h26, New-York, Central Park.
__Seize ans, voilà seize ans que j'ais poussé mon premier cri. Seize longues années sont passées, et j'ais l'impression que mon existence sur Terre ne se résume à rien. Oulala, qu'est ce que je raconte encore ? Je sais que je suis toquée, mais là ça commence vraiment à être n'importe quoi ! Si a seize ans je me plains comme une vieille de quatre vingt six ans ça va pas le faire, mais alors pas du tout. Pensons à autre chose...
____ - Alors ça fait quoi d'avoir seize ans ?__Je me retournais brusquement croyant être seule. Une belle femme me fait fasse, ma mère. Elle me sourit. Elle me fixe malicieusement de ses yeux verts, mais dans son regard on peut apercevoir une pointe d'inquiétude. Ses longs cheveux bruns retombent délicatement sur ses épaules dénudées. Elle est vraiment magnifique. Je détourne le regard. Voyant que je ne lui réponds pas, elle s'approche de moi et me prends la main.
____ - Ma puce... Si tu ne veux pas y aller, tu n'es pas obligé... Dav... Ton père comprendra.__Rien qu'au mot « père » mon c½ur se lance dans une course folle. Voyant mon malaise, elle augmente la pression de sa main sur la mienne.
____ - Maman, je veux y aller. Dis-je d'un ton qui se veut être ferme.____ - Je sais, je sais...Mais-____ - Maman, on dirait que tu essayes de te convaincre toi-même, que je ne veux pas y aller ! La coupais-je.
____ - Tu es sûre ? Il va y avoir des tas de gens que tu ne connais pas et...et il va y avoir cette femme avec qui il va se marier ! Je sais que tu veux mieux connaître ton père, mais est-ce nécessaire d'aller vivre en Allemagne avec lui ? Tu vas devoir le suivre dans tous ses déplacements ma chérie, avec son métier il doit-____ - Je me ferais des amis ne t'inquiètes pas, je ne suis pas une asociale non plus ! Si ? Et je sais que si je ne part pas en Allemagne demain, je le regretterais sûrement toute ma vie. En ce qui concerne cette femme, maman, je suis certaine que si papa est heureux avec elle c'est qu'elle est une personne bien.____ - Tu as toujours réponse à tout hein ? Me dit-elle avec un sourire en coin.
__Pour toute réponse je lui souris à mon tour.
*
15 Juillet 2006, 11h56, New-York, Aéroport JFK.
« Les passagers du vol A4528, en destination de Berlin sont priés d'embarquer. »
__Je me lève et avance vers la passerelle d'embarcation d'un pas hésitant. Tout s'embrouille dans ma tête. Est-ce que je fais bien de partir ? Ais-je pris la bonne décision ? L'idée de m'enfuir au dernier moment s'immisce en moi comme un poison. Nan ! Il ne faut pas. Pour une fois je vais écouter mon c½ur et non ma raison, ou plutôt mon handicap à toujours voir le verre à moitié vide. J'écouterais mon c½ur, même si cela devait me mener à ma perte.
______________________________________________________________________Si j'avais su...₪
Alors qu'en pensez-vous ?
Biensûr ce n'est qu'un début, désolé pour la médiocre longueur de ce premier chapitre !
Les chapitres s'allongeront au fil du temps =)